Partager l'article ! Chroniques parisiennes 2 : Merci Willy RONIS: Le cinéma de René Clair ou celui de Marcel Carné m’avait longtemps fait r&eci ...
Le cinéma de René Clair ou celui de Marcel Carné m’avait longtemps fait rêver. J’y avais découvert les vieux immeubles de Paris avec leurs escaliers en bois et surtout leurs concierges telle Pauline Carton , revêche et soupçonneuse, promenant éternellement son balai dans une cour qui me paraissait l’endroit le plus poétique du monde. Un de ces endroits que je me promettais de rejoindre plus tard, bien plus tard, pour habiter quelques petites chambres colorées et pimpantes sous les toits. J’imaginais ma vie s’écoulant doucettement, entrebâillée par les petites anecdotes du quotidien, rythmée par la concierge qui distribuait le courrier en commentant les nouvelles. Je n’y voyais aucun drame, aucune douleur qui ne soit surmonté avec drôlerie. J’avais huit ans, je m’ennuyais souvent et croyais que grandir était le remède à ma mélancolie.
Trente cinq ans plus tard, j’ai enfin pu emménager au cœur de la capitale, au dernier étage d’un immeuble conforme à mes images d’enfance, dans un petit appartement reconstitué à partir des chambres de bonnes d’autrefois.
Les rencontres entre voisins n’étaient plus aussi joviales, les escaliers n’étaient plus aussi bien cirés et les digicodes avaient remplacé les concierges.
L’exposition Willy Ronis m’a replongée dans l'époque disparue, avec bonheur j’ai retrouvé les traces du Paris perdu et partagé la malice de ce grand artiste.
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